TAMESHIWARI

La puissance du karaté à l'état pur

LE SHIWARI : DES TESTS DE PUISSANCE
pas une discipline enseignée

試し割りTameshiwari signifie test de casse en japonais : 試しtameshi = essai, test - 割りwari = casser, briser

Le tameshiwari, dit «shiwari» n'était point une discipline autonome, mais seul un moyen de tester la montée en puissance et en efficacité d'une redoutable technique guerrière naissante...à mains nues !, qui s'appellera Karaté

En japonais : « main vide ». Parce que les Rois du royaume indépendant d'Okinawa (L'île où elle est née) avaient interdit les armes afin de prévenir les rebellions internes. Mais les Okinawais durent cependant affronter, à mains nues donc, diverses invasions, ceci jusqu'à (enfin) leur annexion libératrice par le Japon, en 1879

Entre 1300 et 1400 les premiers échanges intenses entre Okinawa (royaume des Ryūkyū) et la Chine (surtout le Fujian), introduisent des techniques de combat chinoises (quanfa). En 1392, 36 familles chinoises envoyées par la Chine impériale s'installent à Okinawa et apportent : Arts martiaux, médecine et culture lettrée.

Au XVe–XVIe siècles : fusion entre techniques chinoises (唐手tōde, main chinoise) et méthodes de combat locales d’Okinawa (te, «main»). Dès 1609 l'occupation de l'île par le clan Satsuma, couplée à l'interdiction des armes, va perfectionner cette redoutable technique de combat à mains nues transmise oralement, secrètement

DES TESTS EN SECRET !

Shiwari 1

Technique d'autant plus redoutable qu'elle sera optimisée durant...270 ans et...ne visait que des points vitaux ! Qu'en effet, sans armes, les Okinawais se devaient de neutraliser l'adversaire du 1er coup (atémis), fatal donc. L'entraînement était discret et secret, souvent de nuit, et en cercle fermé , tout comme les tests de casse (de matériaux) destinés à mesurer la progression de leur efficacité dévastatrice. Il est regrettable que ne subsiste, de ces 270 ans de recherches, aucun écrit (de peur que cela ne tombe aux mains de l'ennemi), contrairement au temple de Shaolin où tout est soigneusement consigné depuis... l'an 495.

DE LA GUERRE A L'ECOLE, PUIS A L'ART ET AU SPORT

Dès 1879, grâce à l'annexion d'Okinawa par le Japon, fin du système féodal : le karaté sort de sa clandestinité. Et un instituteur d'Okinawa, Itosu Yasutsune, va l'introduire dans les écoles dès 1905, transformant cette technique guerrière offensive en discipline éducative , laquelle deviendra ensuite un véritable art (martial), et sport national au Japon. Ceci grâce à 2 démontrations en 1917 et 1922 d'un de ses élèves : Gichin Funakoshi. Le karaté gagna ses lettres de noblesse. Plus question de neutraliser, ni même de blesser, mais à peine de toucher.

INTRODUCTION, PROMOTION ET DIFFUSION DU KARATE

A partir de la 2ème moitié du XXème siècle le karaté est introduit en France. ➞ introduction du karaté en France . Avec une promotion laborieuse, assumée par quelques artisans, ➞ promotion du karaté en France , dont Hiro Mochizuki, Taiji Kasé, Keinosuke Enoeda, envoyés par la JKA. Et aussi un français venu prêter « main forte » pour populariser cet art martial, dès la fin des années soixante : Me René Ducret, l'assistant de Me Emile Lagache

Me Ducret avait en charge les débutants, dont certains deviendront d'ailleurs champions du Monde, d'Europe, ou de France, et même plusieurs fois chacun, comme Sophie Berger, 1ère championne du Monde féminine, (82 & 84) Bernard Miollan 6e dan, Olivier Monge,...) . Les premiers championnats du Monde masculins eurent lieu 10 ans plus tôt, à Paris, en 1972, gagnés par l'équipe de France

D'autres Maîtres japonais, de passage en France, vinrent aussi assumer la diffusion du karaté. ➞ diffusion du karaté en France, dont Masutatsu Oyama (indépendant), Hirokazu Kanazawa (envoyé en Europe par la JKA).

-De même en Belgique la figure de proue sera Satoshi Miyazaki, envoyé lui aussi par la JKA. ➞ introduction du karaté en Belgique . Le karaté s'étend également dans le Monde entier.

LE SHIWARI, DEVIENT OUTIL DE PROMOTION

Shiwari 2

Ces maîtres, qui oeuvrent à l'introduction et à la promotion du karaté en France, vont avoir l'idée de réssusciter les shiwaris, comme outil de promotion. ➞ utilisation des shiwaris

Dès lors ils vont multiplier, sur les plateaux TV, les démonstrations de shiwaris, lesquels, de par leur côté spectaculaire, vont effectivement faire connaître et populariser le karaté. ➞ popularisation par le shiwari

LES DIFFICULTÉS DU SHIWARI

Mais ledit côté spectaculaire du shiwari provenait donc de l'efficacité de cette technique guerrière ancestrale, qu'il servait à tester. Vu que ce n'était pas une discipline autonome, et vu qu'il n'y avait aucun écrit ni pour l'une ni pour l'autre, français et japonais durent surmonter une difficulté de taille : Il fallut en effet redécouvrir ces 270 ans de recherches et perfectionnements, autrement dit tout réinventer. ➞ Les difficultés du shiwari

LES HANDICAPS DU KARATE :

Mais les pionniers durent surmonter une toute autre difficulté que celle d'attirer les pratiquants :

Se faire accepter des administrations. Ainsi, par exemple, en dehors de ses démonstrations, Me Ducret entraînaît ses élèves et ceux de son club universitaire sur les plages (le karaté sur les plages).

Un plus pour tous, mais aussi une triste nécessité pour certains, comme il s'en explique :

« Je n'avais pas d'autre endroit, ni dojo ni aucune salle, pour les élèves de mon club universitaire, l'un des tous premiers. Car, dans ces débuts difficiles, nous étions vraiment les "parias" du sport :

Tous mes collègues universitaires avaient reçu des subventions pour monter leurs clubs dans leurs spécialités, même dans des sports réputés onéreux (golf, tennis, ...). Je sollicitai seulement 4 heures ½ de location de salle par semaine, rien d'autre, mais j'eus la honte du seul refus !. Ce que j'expliquais aux TV que je fis venir lors d'un entraînement par grand froid et tempête, et sous la pluie ! La subvention me fut accordée le lendemain !!

>Mais 60 ans après, où en est-on ? Les karatékas sont passés seulement de "parias" à "laissés-pour-compte" :

Ainsi aux jeux olympiques de Paris 2024, le karaté, 1er art martial européen , fut exclu malgré ses 130 millions de pratiquants mondiaux !. Sport centenaire au surplus, sans commune mesure avec le breakdance (1ère participation), le skateboard, l'escalade, qui eux y ont bien figuré»

LE SHIWARI : LA TECHNIQUE RÉINVENTÉE !!

Shiwari 3

« Pour exécuter ces shiwaris, il fallut donc redecouvrir ces techniques ancestrales guerrières : Car, sans écrits, sans transmissions, ni aucune base, c'était partir de zéro; avec à la fin le sentiment qu' Okinawa, tout comme les pyramides d'Egypte, conservera une partie de ses secrets (transmis oralement, seulement de Maître à élève).

Lesquels avaient ainsi anticipé les futures lois de l'énergie cinétique, qu'évoquent des formules comme la fameuse " ½ de M.V.². " Avec de multiples paramètres fixes et variables, notamment selon les matériaux !

Et avec les difficultés de l'époque : barrière linguistique pour un français, manque d'informations, Okinawa bien lointaine, etc. .. Idem pour les Japonais venus en France, découvrant eux de tout autres matériaux.

➞ Les difficultés du shiwari

LE SECRET DES SHIWARIS

LES SYSTÉMATIQUES

LE BASIQUE

« Parmi de très nombreux paramètres on en trouve d'invariables comme -au moment de l'impact- :

>La position très stable et forte, jambe arrière très tendue, pieds bien cramponnés au sol, bras bien tendus

Ceci est une base capitale car l'énergie nécessaire à l'onde de choc -l'élément clef- naît au sol et remonte par : ➜ pied ➜ jambe ➜ bassin (augmenté si rotation) ➜ tronc ➜ épaule ➜ bras ➜ poing

>Le kimé : La concentration et contraction du corps, -pétrifié et dur comme une pierre au moment de l'impact-, pas pour libérer toute son énergie, déployée sous forme d'onde de choc sur le point d'impact,

>L'hikité, c'est à dire un retour rapide du bras pour éviter tout retour partiel de ladite onde de choc

>La précision qui a tout autant son importance.

>Le poids du karatéka. Plus il est élevé, plus il lui sera favorable, selon les règles de l'énergie cinétique.

>La rotation des hanches, très importante en tsukis pour ajouter puissance et pénétration.

LES VARIABLES

VITESSE vs.PUISSANCE

Shiwari 4

Et il y en a aussi des variables comme le couple vitesse/puissance. Quand Me Oyama coupait en deux une bouteille d'eau posée sur la table, c'était seulement une question de vitesse de son shuto-uchi. (à ne pas reproduire !). Mais sur les autres shiwaris, le dosage idoine entre les deux dépendra du matériau, de son épaisseur, de sa résistance, de son nombre empilé, de la hauteur totale, etc..

Une grande vitesse, mais sans assez de puissance -ou aussi l'inverse- provoquera l'échec du shiwari, avec ses blessures, donc par l'onde de choc absorbée.

LE POINT D'IMPACT

Celui où l'on concentre et libère toute son énergie : Variable lui aussi selon le matériau, avec les mêmes critères

Le point d'impact, totalement différent du point de contact ! (Il n'y aurait sinon aucune casse) , est le point délicat des shiwaris, devant être évalué juste avant le shiwari, et ciblé donc avec précision. Le karatéka ne voyant que lui, et ne visualisant pas le point de contact (ou point d'entrée) du matériau.

Un shiwari n'est pas du tout « Ah, voici une pile de matériau. Je mets toute ma force et mon poids, ma puissance et ma vitesse, pour les casser en entier, jusqu'au dernier » : Non, cela ne marcherait pas du tout :

-A un moment donné le karatéka serait forcément freiné/ralenti dans sa puissance et sa vitesse qu'il ne pourrait maintenir, encore moins jusqu'au bout. Surtout sans avoir pu, entre temps, libérer et concentrer donc toute son énergie, et l'onde de choc maximale générée par celle-ci. Il y aurait alors échec du Shiwari

- Onde qui aurait continué à sa place le shiwari, par désintégration /désorganisation de la matière, pulvérisée.

-L'échec du shiwari comporte des risques de coupures profondes, de fractures par absorption de l'onde de choc en retour. Sans compter indépendamment des risques importants pour les yeux.

LE POINT DE CONTACT

Il a son importance, même le karatéka ne le voit même pas. Car c'est le point d'entrée et de pénétration dans le matériau. Laquelle doit être facilitée et freinée le moins possible pour être la plus perforante, afin d'atteindre le fameux point d'impact où elle va se bloquer volontairement pour libérer l'énergie (Le kimé).

Certains travaillent l'endurcissement de leurs poings sur des makiwaras, pour obtenir des kentos surdimensionnés. (la technique de Wolf). Maître Ducret lui n'en voit pas l'utilité « Pour les Shiwaris, ce serait totalement contre-productif » :

« En effet, quand vous plantez un clou pointu dans le bois, il se fend (astuce : mettez avant un léger coup de marteau sur la pointe). Ici, il faut aussi déjà fendre le matériau lors du point de contact. C'est pour cela que je vire, avant le contact, les cartilages des deux kentos , tout en frappant en premier avec le majeur. » ➞ le retrait des cartilages des kentos

L'os seul, c'est donc plus fin, plus tranchant et saillant, donc plus dur et pénétrant. Sans l'amortissement du cartilage l'onde de choc est plus importante. J'ai toujours été le seul à appliquer cette technique, sans doute de par sa particularité anatomique. Chacun peut réussir à adapter ses découvertes à sa morphologie. Et à chacun ses propres astuces. Les Ninjas ne se remontaient-ils pas les testicules avant l'assaut ?»

L'ONDE DE CHOC

Shiwari 5

C'est le point d'orgue du shiwari, l'«anti-matière». Qui va déstabiliser/désorganiser, pulvériser les matériaux, sans devoir aller les traverser jusqu'au bout . Mais aussi le plus dur et délicat à générer. Quant au point d'impact, où être elle va être délivrée, il est très difficile à évaluer/situer et va dépendre de nombreux paramètres. Notamment de la masse et résistance totales du matériau visé.

Enfin elle est tout particulièrement dangereuse car elle peut revenir sur le karatéka, lui occasionnant des blessures importantes, comme des fractures (Parfois même 2 ou 3 jours après), fractures ouvertes, lésions, ..
C'est d'ailleurs aussi l'onde de choc d'un lithotripteur médical qui casse les pierres constituant les calculs rénaux.

>Un échec du shiwari provoquera ce retour de l'onde de choc à l'envoyeur !
>Idem le retrait du bras (hikité), s'il n'a pas été aussi instantané qu'un éclair

LE RETRAIT (HIKITE)

Dès qu'il a délivré toute l'énergie de son onde de choc au point d'impact, dans un kimé avec toute la contraction , concentration, et mobilisation de son corps, figé en une fraction de seconde, le karatéka doit retirer instantanément son membre (bras ou pied)

Ce retrait doit être aussi brusque, vif et rapide que l'aller : C'est vraiment un aller-et-retour du bras

LE SOL

Vu que « l'énergie (de l'onde de choc) part du sol », ce sol rentre bien évidemment dans les critères du shiwari. Plus il est dûr et solide, épais et lourd, à forte densité (béton, marbre) et plus dévastatrice sera l'onde de choc !

LES MATERIAUX

C'est là où l'on voit que les shiwaris sont des plus complexes, car si l'on change de matériaux (ceci concernait les briques, tuiles), pour passer par exemple au bois, tous les paramètres vont varier totalement.

AVEC ou SANS INTERCALAIRES !

Ce point est capital dans le shiwari et nous aurions sans doute dû commencer par celui-ci

Les pionniers des shiwaris en Europe, comme Maîtres Oyama et Ducret, ont toujours utilisé des matériaux simplement superposés les uns sur les autres, sans aucun espace entre eux, donc sans intercalaires.

Mais, par la suite, nous avons vu apparaître des tests de casse, avec des matériaux espacés les uns des autres. Bien empilés aussi, mais avec un mini-espace entre eux, au moyen d'intercalaires de séparation.

Quelle différence ? Elle est fondamentale, cela n'a rien à voir cinétiquement, et est ignorée du public à 99,5 %

Avec intercalaires

  • Pas de contact direct entre matériaux, donc ils ne forment ni bloc ni masse.
  • La casse devient successive,
  • simple et non technique, basée :
  • sur un seul critère : la vitesse,
  • La résistance de chaque matériau s'additionne seulement. En théorie.
  • En réalité : un peu moins, car la casse du 1er va aider celle du 2e, ainsi de suite
  • Ainsi casser 10 tuiles avec intercalaires équivaudra à casser 8 fois une tuile .
  • La puissance requise est bien plus faible •puisque la résistance de chaque matériau
  • est seulement additionnée
  • La casse avec intercalaires est donc une casse spectacle, facile, non technique, basée seulement sur la vitesse, avec peu de danger

Sans intercalaires

  • Contact direct entre matériaux, d'où :
  • Ils forment bloc et masse compacts
  • Pas de casse fractionnée mais d'un bloc
  • La résistance se multiplie cette fois
  • La puissance nécessaire aussi :
  • casser 10 tuiles, SANS intercalaires
  • équivaut donc à en casser 100,AVEC
  • Une casse très complexe & technique :
  • nombreux critères difficiles à évaluer :
  • onde de choc, point d'impact, kimé,...
  • Nécessite vitesse & puissance maximales
  • Avec un retrait rapide immédiat (Hikité)
  • Des critères difficiles à concilier ensemble.
  • Pour atteindre le seul but : l'onde de choc
  • Avec risques élevés d'échecs & blessures
  • La casse sans intercalaires : très complexe et technique, visant seulement l'onde de choc.
    Très nombreux critères - Risques très élevés
➞ Voir les extraits de 6 études

LA ROTATION DE LA HANCHE

Pour la réussite d'un shiwari « traditionnel » (sans intercalaire) en tsuki, est indispensable car elle va fournir un puissance supplémentaire : la rotation de la hanche (koshi no kaiten) chère au Wado-ryu (reconnu en 1939) et à son fondateur Hironori Ōtsuka (1892–1982), qui fût élève de Gichin Funakoshi.

L 'ENTRAINEMENT

Shiwari 6

L'entraînement tient évidemment une place capitale dans la réussite du shiwari. Même le plus grand maître ne pourrait décider de se lancer tout à coup dans la pratique du shiwari et encore moins dans des démontrations traditionnelles sans un entraînement progressif préalable. Le shiwari n'étant pas une démonstration de karaté moderne, mais celle d'une technique guerrière ancestrale et plus spécifiquement de son test de puissance.

LE RETRAIT DES CARTILAGES

Le retrait du cartilage des kentos est le point-clef de la réussite des shiwaris de Me Ducret, dans lesquels il s'était d'ailleurs spécialisé pour mieux promouvoir le Karaté. En effet, ce retrait permet d'avoir des kentos composés seulement d'os, donc beaucoup durs, saillants et tranchants . Pour une pénétration plus perforante et percutante, et à l'onde de choc augmentée. Cependant, cette technique, qui lui a toujours été propre, semble difficile à reproduire, pour des questions purement morphologiques. ➞ Le retrait des cartilages des kentos

LE GRAND SECRET ET L'EFFICACITE

La réussite d'un shiwari tenait aux nombreux, et souvent variables, paramètres précités , ayant trait principalement aux lois de la bio-mécanique et de la physique des matériaux, de l'énergie cinétique et des ondes de choc. En résumé, l'efficacité du shiwari tenait en 3 mots : "La maximisation d'une force instantanée sur une surface minimale, durant un temps extrêmement court" ». Mais il existe, selon Me Ducret, un élément supplémentaire mais capital, dans un shiwari difficile, qui représente 80 % de son efficacité et de sa réussite.

« Je pense que, chacun de leur côté, tous les pionniers du shiwari, l'ont découvert, ou réinventé si l'on préfère. Sinon, ils n'auraient pu faire ce qu'ils ont fait, tel Me Oyama. Cet élément transforme et booste considérablement l'atémis, pouvant jusqu'à l'octupler dans sa percussion , ainsi plus destructrice et dévastatrice. Comme je voulais lui donner un nom, je l'appelai pour ma part «la main de fer. Apprenant ensuite que Me Oyama l'appelait lui "la main de Dieu".

Mais cet élément essentiel est en fait purement...psychologique ! Exemple de l'adulte ou de l'enfant qui tombe à l'eau et se noie parce qu'il ne sait pas nager. La noyade sera purement "psychologique" mais non physique, car un humain ne doit pas se noyer : il flotte, même immobile. Il aura eu le mauvais réflexe (stress-panique) à l'inverse des autres mammifères qui auront le bon réflexe inné (l'instinct de nage malgré n'avoir jamais appris).

Le développement de l'intelligence humaine nous a-t-il fait perdre notre instinct et nos bons réflexes ?
De même en shiwari le karatéka aura lui aussi un très mauvais réflexe, pouvant s'inverser, avant l'atémis.

Cela en un dixième de seconde dans sa tête, avant de devenir un automatisme. Les Okinawais avaient forcément découvert cet élément, car ils n'auraient sinon jamais pu vaincre à mains nues, du 1er coup (atémis), des guerriers bien armés, de surplus en armures, avec "la main vide" ».

Mais sur ce point, Me Ducret, devenu évasif, s'arrête là, ne voulant pas en dire davantage et s'en justifie :

« Imaginez cette technique guerrière rentrant dans un octogone ! Ce serait meurtrier, elle passerait littéralement au travers de l'adversaire. En plus ils frappent les adversaires au sol, là où les ondes de choc sont au minimum 3 fois plus importantes, et jusqu'à 9 fois dans la tête sur un sol dur, laquelle serait totalement ... explosée.

La technique est dévastatrice, puisque Me Oyama combattait et pulvérisait des taureaux (56 lit-on). Ce qui serait heureusement inadmis aujourd'hui.

EXTINCTION DU SHIWARI

L'on a vu qu'il comportait de nombreux paramètres difficiles d'évaluation, même pour un expert. Avec risques importants de blessures et lésions. Déconseillé donc de s'y lancer, encore moins seul. Encore moins chez soi.

Des quelques pionniers de cette technique, 2 seulement sont encore en vie : Maîtres Mochizuki, 90 ans (mais qui enseigne toujours) et donc Me Ducret. Lequel se réjouit de son extinction : Cette technique guerrière, enterrée et tombée dans l'oubli, a auparavant donné naissance depuis + de 100 ans au karaté, merveilleux art et sport, et meilleur exercice de psychomotricité pour les enfants. Et qui conserve le mieux les adultes. »

SURPRENANT ET INATTENDU KARATEKA !!

Ni humain ni robot c'est le...gorille ! Dans un zoo, l'un s'est précipité en un éclair sur une petite fille, avec un tsuki phénoménal, « étoilant » la vitre de sécurité de 30 cms en polycarbonate multicouches pouvant résister à 15 000 joules ou à une AK 47 (kalachnikov). Même un strongman avec une masse n'aurait fait qu'un éclat !

Ces images de vidéosurveillance circulent sur internet. Comment est-ce possible ? Certes il pesait 250 kgs mais cela n'explique pas. En réalité, sa densité musculaire est très supérieure. Avec une capacité de recrutement neuromusculaire quasi totale, accompagnée d'un transfert massif du tronc et des épaules. Un karatéka, lors d'un kimé de shiwari mobilise jusqu'à 40% de sa capacité musculaire. Un gorille 80%, 90% en situation de stress.

7 fois plus puissant qu'un karatéka, voire 10 fois dans certains tsukis courts et explosifs . Ses fibres musculaires rapides très développées, avec un temps de réaction extrêmement court, et une coordination instinctive totale, dans un pur arc réflexe moteur, expliquent ladite puissance , et c'est son hikité éclair qui lui sauvé sa main.

Même 3 fois plus légers que ses taureaux, Maître Oyama n'aurait pu combattre ces gorilles de 250 kgs, car ce sont de véritables et ultra-puissants karatékas, ceci de pur instinct.

Les animaux nous donnent donc de surprenantes leçons, raison pour laquelle au temple de Shaolin, où sont nés les premiers arts martiaux avec les moines combattants, ceux-ci vont commencer par observer les animaux dans leurs combats, et s'en sont fortement inspirés au départ dans leur art. Mais le Shaolin Quan, spectaculaire et impressionnant, voire aérien, manque d'efficacité en combat réel.

Ainsi les quelques moines combattants venus s'essayer dans l'octogone en MMA/UFC (free figth), ont du être déçus, car ridiculisés en seulement quelques...secondes. Mais les Okinawais avaient su adapter ces techniques pour les faire gagner en efficacité recherchée, et leur donner cette redoutable finalité guerrière disparue.

HOMMAGE AU JAPON !

Dans ses démonstrations publiques ou télévisées, Me Ducret a toujours rendu un hommage appuyé au Japon.
Il s'en explique : «Le Royaume du japon, outre le karaté, nous a tellement apporté :

>40 arts martiaux (Me Plée et Me Lagache étaient gradués chacun dans 4) ; il en possède + de 100 codifiés
>le Budo et le Do (la voie morale, éducative et spirituelle), le zen ; ces valeurs qui vont avec le karaté
>le respect, la volonté, la patience et la détermination. Valeurs précieuses de la vie personnelle/professionnelle.»

Le karaté commence avec le respect et finit avec le respect

— Maître Gichin Funakoshi